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Comment parler des vieux avec un brin d’âgisme : la revue des Notaires offre un cas d’école
par webmaster

Un lecteur nous envoie une page du journal Conseils des notaires, issu d’un numéro dont le dossier porte le titre évocateur "Choisir le bien vieillir". (Passons sur ces quelques millions de personnes âgées atteintes de maladies qui ont donc sans doute choisi de mal vieillir...)

La page contient une rubrique confiée à une linguiste, Henriette Walter, qui nous dit qu’il y a "deux façons de regarder la vieillesse" et précise pour l’une d’entre elles :

"Devant la perte de tout ce qui faisait le charme et la force de l’âge adulte, on peut, avec un brin d’impertinence, traiter les personnes âgées de séniles, de fossiles, de croulants, de gâteux. Ou encore d’amortis, de viocs, de rangés des voitures, voire de HS (hors service) ou de PPH (passera pas l’hiver)."

Voilà qui interroge.

Sur ces questions d’âgisme, toujours le même constat. Parler des mots qui existent, même des moches, est nécessaire. C’est une part d’ailleurs du travail des linguistes. Mais qualifier l’usage des mots utilisés et ressentis comme des insultes de "brin d’impertinence", là, ça nous questionne.

On pourra toujours dire que c’est une figure de style, qu’impertinence signifie ici clairement "qui manque de respect" et que l’ensemble veut donc dire "qui manque très fortement de respect". Soit.

Mais, comment expliquer alors qu’on ne trouve jamais dans des articles consacrés aux "deux façons de regarder les femmes", qu’un "brin d’impertinence" conduit à les traiter de greluches, de grognasses, de pouffiasses... ?

Ou dans un article sur les "deux façons de regarder les non-blancs ou les non-catholiques" qu’un "brin d’impertinence" mène à les traiter de youpins, de bamboula, de niakoué ?

Une fois de plus, même constat : dès qu’il s’agit des vieilles personnes, apparaissent des manières de parler – et d’insulter ou de mépriser sans en avoir l’air – qu’on se garde d’employer avec d’autres personnes ou d’autres catégories de la population. Ce qui confirme que l’âgisme est bien malheureusement l’une des formes de discrimination les plus banalisées et tolérées.

 
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